Hors piste Les heureux hasards d'Ana Miura

Le DroitArts, jeudi 30 juin 2005, p. 31

David Savoie, Collaboration spéciale

 

       Ce n'est pas un hasard si le tout premier album de la chanteuse folk Ana Miura, lancé la semaine dernière, s'intitule Tenacious Hearts. Il y a longtemps que la demoiselle de la région attendait ce moment.Se seront pressés à son lancement des gens de son entourage, ainsi que de nouveaux visages. Qu'est-ce qui l'a mené là ? Sa ténacité, ses convictions musicales ou encore un optimisme à toute épreuve, à vous de choisir.Un observateur pourrait finir par croire aux coïncidences, face aux événements qu'elle a vécus, et qui ressemblent à de véritables calamités. Ana, elle, ne les perçoit pas ainsi. "Les deux dernières années furent remplies de superbes opportunités." Le temps lui donnera peut-être raison.Il y a d'abord la fameuse panne, en 2003, dont tout le monde se souvient. Ne fallait-il pas un drôle de tour du destin pour que peu de temps avant l'étincelle plongeant dans le noir des centaines de milliers de personnes, Ana décide de remettre à plus tard la complétion de son album ? Elle y perdra dans l'aventure les trois quarts des chansons enregistrées alors. Elle en refait une bonne partie, avec la conviction d'une bonne raison d'être à cette galère. "La seule expérience de faire tout l'enregistrement en valait la peine." D'ailleurs, certains titres sur Tenacious Heart proviennent de son "premier" album.Peu de temps après, elle participera à un concours de chansons, organisé par la CBC. Elle se rend en finale, pour être écartée du "podium".Puis, il y aura cette grossesse la tenant loin de la scène un peu plus de neuf mois. Rien n'a vraiment changé pour elle. Elle n'y a pas vu de différence, sinon un peu plus de maturité. Son public lui dira le contraire, raconte-t-elle, "comme si j'avais grandi, m'a-t-on dit à ce moment-là".Après des obstacles de toutes sortes, Ana Miura parle avec une ferveur renouvelée de sa passion. "Je suis simplement chanceuse de pouvoir faire ça."Sa présence, depuis plus de six ans, sur les scènes de la région, de tous les festivals, n'est pas passée inaperçue. Avec une voix et - il faut l'avouer - une beauté pareille, elle faisait tourner des têtes. Aucun syndrome de vedette instantanée pour cette autodidacte de la guitare, jouant du piano depuis sa tendre enfance. Encore moins de grandes visées mégalomanes.À son rythmeMalgré une véritable avalanche de compliments, d'une presse anglophone en verve devant son charisme, elle ne vise pas une carrière professionnelle. Du moins, pas pour l'instant.Après un bon timing pour le lancement de son album, la chanteuse folk part en tournée, pour aller se faire connaître ailleurs, en Ontario, au Québec et un peu aux États-Unis. Ensuite, elle a en tête de terminer d'abord ses études. Elle affirme ne pas vouloir se lancer dans une recherche frénétique d'une étiquette voulant l'endosser. Encore moins de produire un autre album en respectant des dates de tombées bien déterminées, faisant davantage les choses à son rythme, sans "plan bien défini".Elle compte bien continuer à partager ses sentiments par la musique, laissant planer la possibilité de nouvelles chansons fredonnées, peut-être bientôt, sur les scènes de la capitale.Illustration(s) : Après des obstacles de toutes sortes, la chanteuse folk Ana Miura parle avec une ferveur renouvelée de sa passion.